AMA: des hackers révèlent les données de 25 athlètes dont Chris Froome

Les « Fancy Bears », un groupe de hackers ayant piraté les fichiers de l’AMA, dévoile les dossiers antidopage de 25 nouveaux sportifs. Chris Froome, Bradley Wiggins ou Petra Kvitova en font partie.

« Nous sommes anonymes. Nous sommes légion. Nous ne pardonnons pas. Nous n’oublions pas. Attendez-nous. » Voici le message de présentation du groupe de hackers qui fait trembler le monde du sport. Les « Fancy Bears », qu’on pourrait traduire par « Les ours fringants », ont réussi une nouvelle fois à infiltrer le réseau informatique de l’AMA, l’agence mondiale antidopage.

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Leur pêche a été plutôt fructueuse puisqu’ils dévoilent une nouvelle liste de données concernant 25 athlètes présents aux derniers Jeux de Rio. De nombreux procès verbaux de contrôles antidopage sont ainsi dévoilés concernant, entre autres, les cyclistes britanniques Bradley Wiggins (champion olympique de poursuite à Rio) et Chris Froome, les joueuses de tennis Petra Kvitova, et Bethanie Mattek-Sands (championne olympique en double mixte) le lanceur de disque allemand Robert Harting. Huit nationalités sont représentées mais aucun sportif français n’est cité.

Des contrôles positifs couverts par des certificats médicaux

La veille, les Fancy Bears avaient déjà révélé une liste de documents concernant la gymnaste Simone Biles (quintuple médaillée d’or à Rio) ou les joueuses de tennis américaine Serena et Venus Williams. Encore une fois, les procès-verbaux dévoilés ne caractérisent pas des faits de dopage. Les contrôles positifs révélés sont tous couverts par des AUT, des autorisations à usage thérapeutique. En clair, les sportifs bénéficient de certificats médicaux pour certains médicaments contenant des substances interdites.

Le cycliste britannique Bradley Wiggins médaillé d'or en poursuite par équipes aux JO de Rio, le 12 août 2016.

Le cycliste britannique Bradley Wiggins médaillé d’or en poursuite par équipes aux JO de Rio, le 12 août 2016.

afp.com/Eric FEFERBERG

Du côté de l’AMA, ces attaques de cyberpirates ont déclenché une crise. Les hackers, qui arborent sur leur site le même masque que les Anonymous, pourraient être installés en Russie. L’agence a donc demandé au gouvernement russe d’intervenir pour faire cesser les agissements considérés comme une « activité criminelle », pour le directeur général de l’AMA Olivier Niggli.

La Russie dément

Selon lui, ces fuites de données piratées dans les ordinateurs de l’AMA constituent « des représailles » face aux mesures prises par l’Agence dans sa lutte contre le dopage en Russie. De lourdes sanctions avaient frappé ce pays puisque toute son équipe d’athlétisme, à l’exception de la sauteuse en longueur Darya Klishina, avait notamment été exclue des JO. De son côté, le ministre russe des Sports Vitali Moutko a assuré que son pays n’avait aucun lien avec ces hackers laissant l’AMA dans le doute.